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Le vélo au quotidien

Les nouveaux dispositifs de sécurité

De nouveaux dispositifs de la loi d'orientation des mobilités et du Plan vélo s'ajoutent à la protection des cyclistes et piétons en milieu urbain ! Outre la sécurisation, leur mise en application pourra aider à dissiper le sentiment d’insécurité et participer à l’apaisement des territoires.

 

> Les angles morts signalés par stickers

L’arrêté obligeant l’apposition d’une signalisation d’angle mort sur les poids lourds, autobus et autocars a été publié au journal officiel du 6 janvier. L’obligation de l’article 55 de la loi d’orientation des mobilités, « d’une signalisation matérialisant la position des angles morts » prend effet après un amendement signé par 200 parlementaires. Les angles morts des véhicules à gros gabarit constituent une des principales causes des accidents graves en agglomération. Le Club se félicite de cette avancée qui permet de rappeler le danger, mais insiste sur la nécessité d’introduire une obligation d’équipements de radars de détection sur les véhicules à gros gabarit afin de sécuriser cyclistes et piétons.

 
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> Une zone tampon avant les passages piétons

La possibilité d’installer une zone tampon de 2 à 5 mètres avant chaque passage pour piétons sécurise les traversées de rue en agglomération. L’article 52 de la loi d’orientation des mobilités (LOM) a répondu à cette demande récurrente des associations d’usagers. Matérialisée par un marquage au sol devant lequel les véhicules doivent impérativement s’arrêter, la zone tampon améliore la visibilité entre les usagers. Un tiers des accidents impliquant un piéton surviennent sur un passage piéton, souvent provoqués par un masque à la visibilité du aux stationnements, au mobilier urbain… En les interdisant, véhicules et piétons vont pouvoir se voir. Certaines collectivités avaient déjà anticipé cette mesure, comme Lyon qui, lors de réfection de parcours, neutralise le stationnement cinq mètres en amont du passage piéton. Ces espaces pourraient bénéficier aux parkings vélos, précise le code de la voirie routière : « Aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée cinq mètres en amont des passages piétons, sauf si cet emplacement est réservé aux cycles et cycles à pédalage assisté ou aux engins de déplacement personnel. »


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> La possibilité de rouler à deux de front

Dans les zones de circulation apaisée (aires piétonnes, zones de rencontre, zones 30), les cyclistes roulant à deux de front ne sont plus obligés de se rabattre lorsque des véhicules motorisés veulent les dépasser. Quel changement culturel ! Jusqu’à présent le code de la route prévoit que lorsque des cyclistes circulent à deux de front, l’un d’eux doit se rabattre lorsqu’un véhicule motorisé cherche à les dépasser. Une aberration dans un certain nombre de zones où les cyclistes roulent à une vitesse quasiment identique à celle des usagers motorisés. Cette mesure va sécuriser les cyclistes. Cette première étape amenée par le Plan vélo & mobilités actives en appelle d’autres, puisque des expérimentations vont être menées sur d’autres zones afin d’étendre ce nouvel usage.


> Le double-sens jusqu’à 50 km/heure

Étendu à toutes les rues à la vitesse limitée jusqu’à 50 km/heure, le double-sens cyclable devrait continuer à transformer les villes, comme il le fait depuis 2008 (décret du 30 juillet) dans les zones limitées à 30 km/heure. « La mesure est loin d’être anecdotique !, selon Thomas Jouhano, directeur de projets modes actifs au Cerema. Cet aménagement est sécuritaire, car les cyclistes et les véhicules motorisés peuvent se voir, comme nous le constatons dans les zones 30. » Rappelons que la circulation des vélos en sens inverse des voitures est plus sûre que la circulation dans le même sens, le croisement se réalisant à vitesse plus faible que le dépassement. Visibilité aidant, les collisions frontales sur les double-sens cyclables sont extrêmement rares. Le partage de la chaussée montre chaque jour sa capacité à ralentir les vitesses et permettre une cohabitation des déplacements motorisés et des modes actifs.


> L’extension des sas vélos

La généralisation des sas vélos aux feux sur les aménagements neufs, introduite par le Plan vélo & mobilités actives, devrait être suivie par l’implantation systématique dans les carrefours à feux.  Cette zone avancée pour cyclistes aux feux permet de démarrer avant les véhicules motorisés, notamment pour pouvoir tourner sans risque et éviter les angles morts. Autre intérêt pour les cyclistes : ne pas respirer directement les gaz d'échappement lors des démarrages. La compréhension et le respect de cet équipement introduit dans le code de la route depuis 1998 ne sont-ils pas aussi importants que son extension ? 

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> La visibilité des vélos améliorée

L’autorisation donnée aux cyclistes d’utiliser de multiples éclairages, des feux stop et autres indicateurs de direction, valident des usages constatés. Cette « mise à niveau règlementaire » des éclairages actifs permet d’utiliser plusieurs équipements à l’avant et à l’arrière des vélos, mais également de disposer de dispositifs fixés aux bras, sur le casque ou sur un sac à dos. « La visibilité des cyclistes est un élément-clef pour que les cyclistes évitent d’avoir des accidents », confirme le Cerema sur ce point du Plan national vélo et mobilités actives, entré en vigueur au premier semestre 2019. En plus d’une meilleure visibilité, les nouveaux usagers peuvent gagner en confiance avec les clignotants qui dispensent les personnes peu à l’aise sur un vélo de devoir lâcher leur guidon pour indiquer leur changement de direction. Les feux stop participent à l’intégration du vélo comme véhicule à part entière sur la voie publique. Certains vélos à assistance électrique (VAE) pourraient rapidement disposer de série de toute cette panoplie d’équipements.

 

> L’apprentissage du vélo pour les plus jeunes

La généralisation de l’apprentissage du vélo en ville avant l’entrée au collège par le Savoir rouler possède des vertus sécuritaires, comme le confirme Thomas Jouhano, directeur de projets modes actifs au Cerema : « Au-delà de la connaissance des règles, c’est vraiment l’expérience qui est une garantie de sécurité : le fait d’évoluer dans l’espace public, de modifier son comportement en fonction des autres… Connaître les règles de circulation est une chose, mais pouvoir faire du vélo en ville et prendre confiance, mais aussi donner confiance aux parents, est aussi tout l’enjeu du Savoir rouler. » La récente publication de la Fédération européenne des cyclistes (European cyclists’ federation – ECF) confirme que les pays où les habitants parcourent le plus de kilomètres à vélo sont ceux où la mortalité est la plus faible (Safer cycling advocate program – janvier 2020). Inscrit dans le Plan national vélo et mobilités actives (septembre 2018) et lancé en avril 2019, le programme Savoir rouler à vélo a été confirmé par la loi d’orientation des mobilités LOM (article 57).